N°4 – Juin 2016

Le Bulletin de l'ASSPN°4 – Juin 2016

La Confidentialité

On dit que les bénévoles d’accompagnement de personnes en fin de vie proposent une présence et une écoute « en toute confidentialité ». Ce n’est pas une parole en l’air.

Par exemple le secret professionnel se partage entre deux professionnels occupés à soigner le même malade dans le même service d’un hôpital. Les éléments qui sont l’objet de ce secret sont consignés par écrit dans un dossier médical. En cas de besoin pour une enquête le procureur de la république peut faire saisir ce dossier, et donc lui aussi partager ce secret.

Une confidence ne se partage avec personne d’autre que son auteur et le confident qui l’a entendue. Même pas avec une autre bénévole qui visiterait le même malade comme cela est fréquent dans certains services hospitaliers. La transmission de ce qui est vu, entendu ou compris ne peut se faire qu’avec l’autorisation du malade, ne doit pas s’écrire, ne doit pas être saisissable.

Pourtant les conventions que signe l’ASSP avec les établissements hospitaliers précisent que « les parties peuvent être amenées à échanger des informations sur la personne accueillie dans le service. Cet échange d’informations est limité aux éléments nécessaires à l’accomplissement de leurs rôles respectifs. » Pourtant on entend souvent le personnel de l’équipe de soins reconnaitre avec satisfaction « apprendre beaucoup de choses sur les malades grâce à la présence des bénévoles ».

C’est qu’il ne s’agit pas de la même chose. Il faut distinguer le contenant et le contenu de l’entretien.
– Le contenant c’est l’état du malade. Par exemple il est utile pour la qualité des soins qu’un médecin ou une infirmière sache que leur patient est dans un état sous jacent de colère qui peut expliquer une mauvaise adhésion au traitement .
– Contre qui est-il en colère ? Cela ne regarde personne ! C’est le contenu. Si la bénévole pense que ce renseignement est important pour le bon déroulement des soins, il demandera au patient l’autorisation d’en parler aux soignants. Sans cette autorisation le secret est gardé.

Pas de confidence sans confiance, pas de confiance sans garantie de confidentialité.

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